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Charles Michel | Ministre
Mercredi 16 janvier 2008
Commission des relations extérieures de la Chambre
En Afrique, le « repassage » des seins des jeunes filles est une pratique en augmentation constante. Au Cameroun, par exemple, les mères tentent de protéger leurs filles contre les agressions des hommes en entravant la croissance de leurs seins de façon à ce qu'elles paraissent plus jeunes que leur âge. Dans ce pays, il arrive également que de très jeunes filles soient violées ou mariées de force. Actuellement, au Cameroun, 3,8 millions de filles sont menacées par cette tradition séculaire. La pratique est épouvantable : elle consiste à brûler littéralement les seins à l'aide d'une pierre chauffée, à la suite de quoi ils sont enserrés dans un bandage, ce qui entraîne lésions permanentes, abcès, kystes, malformations, brûlures et infections.
Il y a un an, Renata, une ONG soutenant les mères adolescentes au Cameroun, a commencé à dresser un état des lieux concernant ce problème. L'ONG a lancé une campagne de sensibilisation afin de mettre fin à cette pratique atroce, grâce à une somme de 23.000 euros mise à disposition par une ONG allemande. De son côté, le monde politique réagit à peine et le problème est en tout état de cause largement sous-estimé. Cette pratique est par ailleurs en train de s'étendre à la Guinée, au Togo, au Bénin, au Nigeria et à la Côte d'Ivoire.
Le ministre compte-t-il évoquer ce terrible problème dans ses contacts avec les pays concernés ? Etant donné que les violences sexuelles à l'encontre des femmes ne cessent d'augmenter sur le continent africain, nous devons plaider pour que les hommes qui maltraitent ces jeunes femmes soient effectivement punis. En tant que pays civilisé, nous devons mener campagne contre le viol utilisé comme arme de guerre, contre les mutilations génitales des femmes et contre le repassage des seins.
Le repassage des seins est en effet une pratique traditionnelle répandue en Afrique occidentale. Elle est censée retarder l'activité sexuelle et prévenir les grossesses non désirées des jeunes filles. Cette pratique néfaste nuit à la santé et doit être combattue dans le cadre d'une politique globale de la santé et des droits sexuels et reproductifs. La sensibilisation et l'information sont indispensables en la matière.
La Belgique s'est engagée à appuyer cette politique globale. Le budget y afférent a augmenté de 29,2 millions d'euros en 2005 à 32,9 millions d'euros en 2006. La lutte contre les pratiques traditionnelles dommageables constitue un des trois domaines d'action spécifiques. Il s'agit notamment des mutilations génitales, des rites d'initiation sexuelle et de mariages précoces ou forcés.
Le Cameroun n'est pas un pays partenaire de la Belgique, mais l'ASBL Renata pourrait prendre contact avec une ONG agréée belge afin d'introduire un projet dans le cadre de la coopération non gouvernementale.
J'attirerai l'attention des autorités des pays concernés sur ces pratiques néfastes et je plaiderai en faveur de leur abolition. Parmi les pays cités, seul le Bénin est un pays partenaire. Cette question sera abordée lors de la réunion d'une commission mixte, prévue pour la mi-mars.
Consultez la réponse intégrale.
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