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Charles Michel
| Ministre
Jeudi 24 janvier 2008
Réception des voeux de la CTB
Monsieur le Président du Conseil d’Administration,
Monsieur le Président du Comité de direction,
Chers amis,
C’est un grand plaisir pour moi de pouvoir m’exprimer aujourd’hui devant vous à l’occasion de la réception de nouvel an de la CTB. Pour beaucoup d’entre vous, il s’agit déjà d’un rituel immuable mais pour moi en tant que nouveau Ministre de la Coopération au Développement, il s’agit d’une agréable première.
Immédiatement après mon entrée en fonction comme Ministre, j’ai organisé une série de consultations avec les différents acteurs de la coopération au développement. Mon objectif était d’avoir rapidement une vision claire des réalisations des dernières années mais aussi des projets qui restent encore à mettre en œuvre.
Avec la même volonté, j’ai souhaité partir rapidement faire une mission dans la région des Grands Lacs. A côté des multiples contacts politiques, j’ai pu rencontrer, lors de ce voyage, les représentants de la CTB et leurs collaborateurs et juger sur le terrain de la qualité de leur travail. Par ailleurs, cette réception m’offre l’opportunité de rencontrer nombre d’entre vous.
J’ai déjà eu l’occasion de présenter mes priorités en matière de coopération au développement dans le cadre de ce gouvernement intérimaire. Je distingue clairement les dossiers urgents qui doivent être gérés avant le 23 mars et ce qu’il devra être réalisé à moyen terme. La Coopération au développement évolue, par définition, dans le temps et ce temps n’est pas nécessairement le même que celui du calendrier politique belge: c’est pourquoi, jusqu’au 23 mars, je travaillerai avec la conscience d’une perspective à long terme.
Parmi les priorités immédiates, il en est une qui a une importance particulière pour la CTB, il s’agit de résorber l’arriéré dans les programmes indicatifs de développement (PIC). Nous planifions, pour cette année, pas moins de 8 Commissions mixtes: Bolivie, Benin, Territoires palestiniens, Mozambique, Tanzanie, Ouganda, Mali et Niger. J’ai demandé à mon administration de préparer aussi vite que possible la première série de Commissions mixtes (Benin, Bolivie, Territoires palestiniens, Mozambique et Mali).
Je compte sur la CTB pour cette première série de pays pour pouvoir rédiger aussi vite que possible les notes d’appréciation. Je réalise tout à fait que cela entraine un surcroît de travail important. Grâce à cela, nous pourrons signer plus de projets l’année prochaine et par conséquent, atténuer le risque d’une rechute dans la coopération bilatérale.
Je souhaite que cette série de programmes indicatifs de développement s’inscrive résolument dans l’esprit de la Déclaration de Paris. Les principes de base pour ces PICs seront : la Belgique se concentrera sur deux secteurs maximum, une croissance simultanée de l’aide budgétaire sectorielle dans les pays réunissant les conditions, une réduction maximale de la «paperasserie» et une accélération de la prise de décision par la Belgique. Dans le cas de l’Ouganda, nous essayerons même d’abandonner les séquences habituelles : pas de contact protocolaire entre Ministres après le processus de préparation de l’administration mais un dialogue politique dès le début qui établira un cadre dans lequel les administrations pourront préparer le PIC. C’est dans cet esprit que ce sont tenues mes rencontres avec mes homologues ougandais samedi dernier. Il sera peut-être même possible dans cette nouvelle approche de faire l’économie de l’étape de la Commission mixte et par conséquent de raccourcir le délai pour le lancement du nouveau PIC.
Vous l’aurez bien compris : je ne souhaite pas seulement que l’aide au développement belge connaisse dans les prochains mois une augmentation quantitative, en lien avec la ligne de croissance vers les 0.7% mais parallèlement et résolument, je souhaite conduire la coopération au développement belge vers une amélioration qualitative. Le rapport d’évaluation de notre coopération bilatérale à la fin de 2006 est à cet égard très clair et nous donne les bases objectives de départ pour améliorer l’efficacité de l’aide. La Coopération au développement est payée par le contribuable et doit pouvoir faire la différence pour le citoyen du Sud: en tant que homme politique, je veux pouvoir expliquer au contribuable belge et au citoyen du Sud que l’argent de la coopération a été bien utilisée. Le sentiment de solidarité est essentiel mais il ne peut en aucun cas servir d’alibi. Je sais que je peux compter sur votre soutien pour travailler vers une plus grande modernisation de notre coopération.
Cet agenda dépassera le mandat du gouvernement intérimaire: je pense, par exemple, à une éventuelle réforme de la loi de 1999. Mais un nombre de choses peuvent être réalisées dans le cadre de ce gouvernement intérimaire et j’encouragerai la DGCD et la CTB à travailler dans ce sens pour les prochaines semaines et les prochains mois. Je suis également très heureux de constater que les relations de travail entre mon directeur général et votre président du comité de direction soient bonnes à cet égard ce qui prévaut de bonnes choses pour le futur.
Un rapport qualité/prix optimale est une chose, un budget correct pour la coopération au développement en est une autre. Les négociations pour le budget 2008 viennent de démarrer : hier mes collaborateurs ont exposé le projet pour notre budget aux collaborateurs du Budget. Je ne veux être sincère avec vous et vous dire que la situation budgétaire générale de notre pays est difficile. Toutefois, il est positif que l’objectif des 0,7% soit réaffirmé dans l’accord gouvernemental en 10 points : cet objectif de croissance relève dès lors de la responsabilité collective du gouvernement et je sais que je pourrai compter sur le soutien de mes collègues afin d’évoluer vers les 0,7%. Cependant, il faut constater que l’année 2007 fut très mauvaise de ce point de vue pour notre coopération au développement: l’APD est revenu de 0,5% du PIB (en 2006) à 0,43% et l’ampleur du mouvement de rattrapage deviendra de plus en plus grande. Je peux vous assurer que je mettrai tout en œuvre afin d’augmenter la part de notre coopération bilatérale dans notre aide globale.
Monsieur le Président du Conseil d’Administration,
Monsieur le Président du Comité de direction,
Chers amis,
L’année nouvelle est pour beaucoup une période pour prendre de bonnes résolutions qui sont aussi vite oubliées. Je peux vous assurer que je suis déterminé à concrétiser les objectifs décrits plus haut en acte. J’espère pouvoir compter sur le soutien de chacune et chacun d’entre vous aussi bien à Bruxelles que sur le terrain et tant pour la quantité que pour la qualité de notre aide.
Charles Michel
Ministre de la Coopération au Développement
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