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Charles Michel | Ministre

Mardi 12 février 2008

New York - Assemblée Générale des Nations Unies

Addressing Climate Change: the United Nations and the World at Work

Monsieur le Président,

Excellences,

Comme l’a démontré le dernier rapport sur le développement humain du PNUD nous ne pouvons plus séparer l’agenda climat de celui du développement. C’est donc avec d’autant plus de plaisir que je participe comme Ministre de la Coopération au Développement à ce débat.

Monsieur le Président, d’autres l’ont dit avant moi, l’heure est à l’action. Au delà des considérations scientifiques, il y a aussi la logique économique. En effet, comme l’a calculé Sir N. Stern « le prix de l’inaction sera 20 fois plus élevé que celui de l’action ».

L’autre élément qui m’interpelle, c’est la récente étude de la Banque Mondiale, qui démontre que 55% de ses projets sont sensibles aux effets du changement climatique, pas moins de 25% sont soumis à risque substantiel et seulement 2% sont soumis à un test de sensibilité aux effets du changement climatique !

Les premières victimes du changement climatique sont déjà et seront plus encore à l’avenir les pays en voie de développement. Pour répondre à ce défi global, il faut apporter une réponse globale. A ce titre, les Nations Unies sont dans une position unique. Comme le souligne le dernier rapport du Secrétaire Général sur l’activité des Nations Unies en matière de changement climatique, de multiples actions sont déjà entreprises. L’enjeu majeur à venir pour les Nations Unies sera la coordination de ces activités, qui consolidera la valeur ajoutée de leur action.

Mais les Nations Unies ne pourront relever seules ce défi et c’est pourquoi les Etats Membres devront assumer leurs responsabilités et contribuer à apporter une réponse cohérente. Seule cette cohérence et la mobilisation de tous les acteurs tiers, permettra d’éviter la diversification, la fragmentation.

A cet égard, la Belgique salue les résultats de la conférence de Bali et se réjouit de la dynamique qu’elle a créée. Les deux prochaines années seront d’une importance cruciale pour la concrétisation des objectifs fixés à Bali.  Permettez-moi de vous apporter ici deux pistes concrètes.

Ce vendredi, je soumettrai à mes collègues du gouvernement, la création d’un fonds par lequel la coopération belge compensera les émissions de CO2 liées à ses déplacements officiels. Ce fonds sera ouvert aux autres pouvoirs publics belges ainsi qu’au secteur privé. J’estime en effet que les pouvoirs publics doivent être exemplaires dans ce domaine. Même si le geste est symbolique à une échelle planétaire, il témoigne d’un volontarisme qui est important dans cette période post-Bali.

Dans le même ordre d’idées, ma seconde proposition est que les Nations Unies examinent la faisabilité d’un mécanisme qui permettrait de vérifier systématiquement l’impact climatique de leurs actions, qu’il s’agisse du déploiement d’une Opération du Maintien de la Paix ou du démarrage d’un programme de développement. Ce test climat que j’appellerais à l’image de la couleur de notre planète, vue de l’espace, un « test bleu », devrait permettre de prendre dorénavant nos décisions en connaissance de cause sans pour autant créer de surcroît bureaucratique.

Pour ma part, je suis fier d’annoncer la tenue  le 7 mars prochain à Bruxelles d’une conférence sur le changement climatique et la coopération au développement, qui aura pour objectif de mener une réflexion de fond sur les conséquences du changement climatique sur les projets de coopération au développement et les défis que ce changement climatique pose à nos politiques de coopération au développement.

Je vous remercie Monsieur le Président.

 

 
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