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Charles Michel
| Ministre
Jeudi 16 octobre 2008
Carte blanche
La Belgique tient ses engagements:
Le budget de la coopération au développement augmente de 23%
Si la Belgique veut être crédible sur la scène internationale, elle doit honorer ses engagements. En 2000, la Belgique souscrivait à l’objectif des Nations Unies d’atteindre l’objectif fixé aux pays industrialisés de dédier 0.7% de leur revenu national brut (RNB) à la coopération au développement en 2010. Pour s’y astreindre, une loi fixant une croissance des dépenses en coopération de 0.5% du RNB en 2008, 0.6% en 2009 et 0.7% en 2010 est votée en 2002. De cette manière, avec un groupe de donateurs d’avant-garde, la Belgique a décidé d’aller plus vite que l’Union européenne qui désigne la date de 2015 pour atteindre cet objectif.
Malgré un contexte économique difficile, le gouvernement a décidé de tenir ses engagements, en maintenant ce cap, en dédiant 0.6% du RNB à la coopération au développement. Il ne s’agit pas d’une vaine promesse: concrètement, le budget de la coopération augmentera de 23% l’année prochaine. Cette augmentation est supérieure à celle connue les années précédentes: en comparaison avec les réalisations 2007, le budget 2009 augmente de 57%. De tels chiffres illustrent mieux que de grands discours l’engagement du gouvernement belge dans l’aide au développement et ceci alors que notre aide était descendue à 0.43% en 2006 et 2007, c'est-à-dire au niveau de 2002, lorsque la croissance a été inscrite dans la loi.
Respecter ces engagements n’est pas la seule la responsabilité de la coopération au développement fédérale. Les Régions, Communautés, Provinces, villes et communes y ont contribué ces dernières années, réalisant entre 3.4% et 5.2% de notre aide entre 2003 et 2007. Le gouvernement souhaite que ces autres institutions s’investissent résolument dans cet effort et réalisent dès 2009 5% de l’aide public au développement belge.
Ces efforts sont importants dans la mesure où les pays du tiers monde sont touchés simultanément par trois crises: la crise alimentaire, l’augmentation du prix des produits pétroliers et la crise financière. Le week-end dernier, la réunion annuelle de la Banque Mondiale et du Fonds Monétaire International étaient autant d’occasions pour la communauté internationale de tirer la sonnette d’alarme. Cette année en Ethiopie, par exemple, 50%de l’aide au développement équivalait au surcoût de la facture énergétique et 10% représentaient le surcoût de l’importation de produits alimentaires. Ailleurs, des pays partenaires de la Belgique comme le Rwanda ou le Bénin vont perdre jusqu’à 20% de leurs termes d’échange suite à cette crise.
Le monde ne peut pas rester assis, les bras croisés. La Belgique prouve avec ce budget que ce n’est pas dans son intention, tout abord par solidarité et par humanité. Mais la coopération au développement, c’est aussi de plus en plus une question d’intérêt mutuel. Le sous-développement n’est pas uniquement un problème pour les populations du sud qui le subissent quotidiennement, c’est aussi une menace pour les habitants des pays développés. Il existe un lien évident entre pauvreté, chaos et conflits dans des états fragiles et une série de problèmes auxquels les pays occidentaux sont confrontés: migrations illégales, menace terroriste, trafics de drogue et autres réseaux criminels. La coopération au développement est donc devenue aujourd’hui une nécessité politique.
Mais ne nous trompons pas de cible. Mobiliser des recettes de l’Etat pour la coopération au développement n’est pas un but en soi, mais un moyen, parmi d’autres, de soutenir le développement. Et ces moyens doivent être utilisés efficacement, c'est-à-dire dépensés pour ce pour quoi ils ont été mobilisés, à savoir la lutte contre la pauvreté dans les pays du tiers-monde. Mais ils doivent aussi être dépensés de manière à ce qu’ils fassent la différence. J’ai répété à de nombreuses reprises que le rapport qualité-prix de notre coopération au développement doit être amélioré en permanence et j’ai déjà pris une série d’initiatives en ce sens. Une augmentation du budget de 23% signifie un effort supplémentaire d’au moins 23% sur ce rapport qualité-prix. Le Premier Ministre Leterme a mentionné dans son intervention devant le Parlement deux chantiers auquel nous allons devoir nous mobiliser dans les mois à venir. La loi de 1999 sur la coopération internationale belge doit être adaptée aux nouveaux engagements pris par la Belgique concernant une gestion de l’aide basée sur les résultats. Je vais à ce propos présenter un projet de loi. Le gouvernement a fait le nécessaire pour que nos engagements en ce qui concerne le volume de l’aide soient rencontrés. Il ne reste donc plus d’excuse pour que la Belgique ne soit pas en tête de peloton en ce qui concerne la qualité de l’aide.
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