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Charles Michel
| Ministre
Jeudi 16 octobre 2008
16 octobre 2006 – Journée mondiale de lutte contre la faim dans le monde
Alors que le monde connaît une de ses plus graves crises financières, ce jeudi 16 octobre 2008 est consacré mondialement à la lutte contre la faim dans le monde. J'insiste à cette occasion pour qu’à côté des nécessaires mesures prises dans le cadre de cette crise financière, l’action du gouvernement en matière de sécurité alimentaire des populations des pays en voie de développement doit se poursuivre. En effet, la crise alimentaire a déjà plongé 75 millions de personnes supplémentaires en-dessous du seuil de pauvreté. Le nombre de personnes souffrant de la faim est passé de 850 à 925 millions.
Pour faire face à la situation d’urgence, la Belgique a fourni de juillet 2007 à juillet 2008 42.000 tonnes d’équivalent-blé aux pays en voie de développement soit 50% de plus que ses engagements internationaux à cet égard. (voir le détail dans le tableau ci-dessous).
Au-delà d’une réponse urgente et humanitaire, la Belgique a souhaité inscrire son action dans le long terme et lutter contre les causes structurelles. En effet, l’Afrique qui était auto-suffisante sur le plan alimentaire dans les années septante, doit aujourd’hui importer une grande partie de ses besoins alimentaires. Il faut donc apporter une réponse structurelle à cette problématique. Le développement de l’agriculture a un rôle central à jouer dans ce cadre.
1. Augmenter les moyens en faveur de l’agriculture dans les pays en voie de développement
Dans les années 80, les pays occidentaux consacraient jusqu’à 15% de leur budget d’aide au développement pour soutenir l’agriculture. Actuellement, il ne s’agit plus que de 3 à 6% maximum. C’est la raison pour laquelle, je me suis engagé au nom de la Belgique, à la Conférence sur la Sécurité alimentaire de Rome en juin 2008, à porter à 10 % la part de l’agriculture dans l’APD belge en 2010 (en 2007, la part de l’agriculture s’élevait à 7.34% de l’APD belge) et j'ai plaidé pour que mes collègues fassent de même. J'ai, à cet égard, demandé à ce que cette piste de croissance de 10% pour l’agriculture soit inscrite à l’ordre du jour du prochain conseil formel européen.
2. Soutenir le recours aux achats locaux
Parallèlement, j'ai souhaité soutenir les achats locaux. La Belgique a participé à l’initiative du PAM « les Achats au Service du Progrès». Le projet est destiné à transformer la façon dont le PAM organise l’achat des denrées alimentaires dans les pays en développement afin de renforcer les marchés locaux. La Coopération belge a contribué à concurrence de 750.000 USD pour le projet en République Démocratique du Congo (autres soutiens du projet: fonds Bill & Melinda Gates et fonds Howard G. Buffet). Le projet sera lancé dans les 5 années à venir dans 20 autres pays pilotes dans l’Afrique sub-saharienne et l’Amérique centrale et devrait aider au moins 350.000 agriculteurs à accéder à des marchés fiables où ils peuvent vendre leurs produits à prix concurrentiel et honnête.
3. Investir dans la recherche et l’expertise belge
Il faut investir dans la recherche pour développer les biocarburants de deuxième génération qui n’affectent pas les cultures vivrières et soutenir la recherche et la biotechnologie pour augmenter la productivité des agriculteurs.
J'ai mis en place une Plate-forme «sécurité alimentaire et agriculture» qui réunit des représentants du monde agricole, des chercheurs, des universitaires, des ONG. L’objectif est d’en faire un think thank dans le domaine de la sécurité alimentaire pour analyser les pistes où tous les acteurs du développement et agricoles pourraient s’investir ensemble en faveur de la sécurité alimentaire.
Consultez la brochure de la DGCD sur l'aide alimentaire et la sécurité alimentaire ici.
Consultez le bilan de l'aide alimentaire belge en 2008 ici.
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